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Port 01 — Virtualisation

Changer de plateforme sans changer de métier.

Passer du physique au virtuel, ou quitter une plateforme devenue trop chère, avec la sauvegarde et la restauration pensées dès le premier jour.

Deux chantiers, souvent confondus

On m’appelle pour de la virtualisation dans deux situations très différentes. La première est le passage du physique au virtuel, quand des serveurs vieillissants doivent être regroupés. La seconde, de plus en plus fréquente, est le changement de plateforme : l’infrastructure est déjà virtualisée, mais la solution en place ne convient plus.

Ce ne sont pas les mêmes travaux, ni les mêmes risques.

Passer du physique au virtuel

Un serveur physique par application, c’est autant de machines à entretenir, à sauvegarder et à remplacer. Chacune vieillit à son rythme, chacune tombe en panne à son heure, et le jour où l’alimentation d’une seule lâche, c’est un service entier qui s’arrête le temps de trouver la pièce.

La virtualisation renverse le rapport : quelques machines robustes portent l’ensemble des serveurs, et un serveur n’est plus qu’un fichier que l’on déplace, duplique ou restaure.

Une migration se prépare : inventaire de ce qui tourne réellement, ordre de bascule, fenêtre d’arrêt annoncée et retour arrière prévu avant de commencer.

Changer de plateforme de virtualisation

Beaucoup d’entreprises virtualisées se posent aujourd’hui une question qu’elles n’avaient jamais eu à se poser : faut-il rester sur la plateforme en place.

Les plateformes que je reprends

VMware vSphere. Le rachat par Broadcom a mis fin aux licences perpétuelles au profit d’abonnements groupés. Pour de nombreuses structures, en particulier les plus petites, la facture a changé d’ordre de grandeur d’une échéance à l’autre, pour un service identique. C’est aujourd’hui le premier motif d’appel.

Microsoft Hyper-V. L’hyperviseur lui-même est un rôle de Windows Server, donc sans surcoût apparent. Le coût réel se trouve ailleurs : dans les licences Windows Server par cœur, dans celles des systèmes invités, et dans un outillage qui suppose un environnement Microsoft de bout en bout. Par ailleurs, la trajectoire de Microsoft pour la virtualisation sur site est Azure Local, facturé par abonnement sur le compte Azure et connecté au nuage. Pour qui tient à une plateforme purement locale, c’est un changement de nature, pas seulement de tarif.

Nutanix. Une infrastructure hyperconvergée : le calcul et le stockage sont vendus, installés et facturés ensemble, à l’échelle du nœud. L’hyperviseur maison, AHV, repose d’ailleurs sur KVM, comme Proxmox, ce qui rend la migration techniquement moins dépaysante qu’on ne le croit. Ce qui pousse à partir n’est presque jamais la technique : c’est le coût par nœud, et l’impossibilité de réutiliser du matériel qu’on possède déjà.

Xen, XCP-ng, oVirt. Ces plateformes reviennent moins souvent, mais elles reviennent. XCP-ng est un projet libre et vivant, et je le dis franchement à ceux qui l’utilisent : si votre installation vous convient, il n’y a pas de raison d’en changer. Les appels concernent plutôt des versions arrivées en fin de support, ou des installations héritées que plus personne ne sait maintenir.

Ce qui distingue vraiment ces plateformes

Le débat se réduit trop souvent au prix. Les différences de fond sont ailleurs, et ce sont elles qui vous engagent sur dix ans.

  • Où vit la valeur. Chez VMware et Nutanix, dans une couche logicielle propriétaire posée sur le matériel. Chez Proxmox et XCP-ng, dans un système ouvert que vous pouvez ouvrir, corriger et transmettre.
  • Le couplage au matériel. Nutanix se vend avec ses nœuds certifiés. VMware impose une liste de compatibilité stricte. Proxmox et Hyper-V tournent sur du matériel serveur standard, y compris reconditionné.
  • Le couplage à un écosystème. Hyper-V suppose un monde Windows, et Azure Local y ajoute un lien permanent au nuage. C’est confortable si vous y êtes déjà, contraignant si vous cherchez à vous en détacher.
  • L’unité de facturation. Par cœur, par socket, par nœud, par abonnement, ou rien du tout. C’est ce qui détermine ce que coûtera votre croissance, bien plus que le tarif du jour.
  • Le stockage. Indissociable de la plateforme en hyperconvergé, choisi séparément ailleurs. Proxmox vous laisse prendre du ZFS sur deux hôtes, du Ceph à partir de trois, ou réutiliser la baie que vous venez d’amortir.

Quand rester est le bon choix

Je ne vends pas une migration pour elle-même, et il y a des cas où elle serait une mauvaise dépense.

Si votre parc est massivement Windows et déjà couvert par des licences Datacenter, Hyper-V vous coûte peu et vous quitteriez un outillage que vos équipes connaissent. Si votre cluster Nutanix a deux ans et n’est pas amorti, partir maintenant revient à jeter l’investissement. Si vous êtes sur XCP-ng et que cela fonctionne, vous êtes déjà sur une plateforme libre. Et si votre renouvellement VMware a été renégocié à un montant acceptable, la question peut attendre la prochaine échéance.

L’étude préalable sert précisément à trancher cela, et elle débouche parfois sur un conseil de ne rien faire.

Ce que la migration recouvre

Quand elle se justifie, le passage d’un hyperviseur à un autre est un travail méthodique, pas un pari. Proxmox VE intègre un assistant d’import qui va chercher les machines directement sur un hôte VMware ESXi, et les disques venus d’Hyper-V, de Nutanix ou d’une plateforme Xen se convertissent au format attendu.

La migration se fait par vagues, en commençant par les serveurs dont l’arrêt se voit le moins. Chaque vague valide la méthode avant d’engager la suivante, et l’ancienne plateforme reste disponible tant que la nouvelle n’a pas fait ses preuves.

Pourquoi Proxmox

Libre, mais avec un contrat quand on en veut un

C’est le malentendu le plus tenace : open source ne veut pas dire sans support. Proxmox VE est publié sous licence libre, et son éditeur propose par ailleurs des abonnements qui donnent accès au dépôt entreprise, celui des paquets stabilisés et recommandés en production, ainsi qu’à un support technique certifié.

Vous choisissez donc votre niveau d’engagement. Rien ne vous oblige à souscrire pour faire tourner la plateforme, et rien ne vous empêche de le faire là où vous avez besoin d’un interlocuteur contractuel.

Un éditeur européen

Proxmox Server Solutions est une société autrichienne, établie à Vienne depuis 2005. Le support est européen, l’éditeur relève du droit européen, et cette question n’est plus anecdotique dans les appels d’offres ni dans les analyses de risque.

Debian dessous, aucune marque au-dessus

Proxmox VE est bâti sur Debian GNU/Linux, avec l’hyperviseur KVM pour les machines virtuelles et LXC pour les conteneurs. Deux conséquences concrètes.

D’abord, ce que vous savez déjà de Linux reste vrai : les fichiers sont là où on les attend, les outils habituels fonctionnent, et rien n’est enfermé dans une couche opaque.

Ensuite, aucune dépendance à un constructeur. La plateforme tourne sur du matériel serveur standard, quelle que soit la marque, y compris sur du matériel reconditionné. Vous n’êtes pas contraint par une liste de compatibilité restrictive, et le renouvellement du parc ne se transforme pas en renouvellement de la solution.

Ce que je mets en place

Cluster et haute disponibilité

Plusieurs hôtes réunis en cluster par Corosync, avec bascule automatique des machines virtuelles si l’un d’eux disparaît, et migration à chaud pour déplacer une machine sans l’arrêter. La haute disponibilité n’est pas une case à cocher : elle suppose un stockage partagé cohérent et un quorum qui tienne, faute de quoi elle aggrave la panne au lieu de l’absorber.

Stockage

Selon la taille et le budget : ZFS pour ses instantanés et son contrôle d’intégrité sur un ou deux hôtes, Ceph pour un stockage distribué et redondant à partir de trois, ou du LVM-thin, de l’iSCSI et du NFS quand une baie existante doit être réutilisée.

Sauvegarde et restauration

Proxmox Backup Server, avec déduplication et sauvegarde incrémentale : les sauvegardes quotidiennes ne coûtent que ce qui a changé, et leur intégrité est vérifiable. Un instantané est pris avant chaque intervention, ce qui rend une mise à jour réversible en quelques minutes.

Surtout, les restaurations sont testées. Une sauvegarde jamais restaurée est une hypothèse, pas une garantie, et c’est le jour de l’incident qu’on découvre laquelle des deux on avait.

Réseau

Ponts Linux, VLAN, agrégation de liens, et Open vSwitch ou le réseau défini par logiciel intégré quand le cloisonnement entre machines virtuelles doit être piloté finement.

Conteneurs

Pour les services applicatifs qui n’ont pas besoin d’un système complet, des conteneurs LXC ou Docker : démarrage immédiat, empreinte réduite, et une isolation suffisante pour cloisonner ce qui doit l’être.

Quand on m’appelle

Au moment de remplacer un serveur en fin de vie, quand la question se pose de racheter à l’identique ou de changer d’approche. À la réception d’un renouvellement de licences dont le montant ne passe plus. Après un incident, quand une restauration a échoué et qu’on veut comprendre pourquoi. Ou simplement parce que le parc a grossi sans plan et qu’il faut le remettre d’aplomb.

Décrivez votre plateforme actuelle en quelques lignes sur la page contact, et nous verrons ce qu’un changement impliquerait réellement.

Socle technique

  • Proxmox VE
  • Debian GNU/Linux
  • KVM et QEMU
  • Conteneurs LXC
  • ZFS
  • Ceph
  • LVM-thin, iSCSI, NFS
  • Cluster Corosync
  • Migration à chaud
  • Proxmox Backup Server
  • Open vSwitch et SDN
  • Import depuis VMware ESXi
  • Reprise Hyper-V et Nutanix